• ZOLTÁNT KOCSIS-GYORGY KURTÁG

    Gyorgy-Kurtag-Musicien-Piano-Point-to-Point

    Kurtág György, musicien au piano G. Fábri Zsuzsa Éditeur, Budapest, 1984

    részletek a Játékok című sorozatból I [Les Jeux]

    György Kortág, Márta Kortág Pianofort  et Zoltán Kocsis Piano

    1980. 01. 13.-14
    pf.: KOCSIS Zoltán (solo), KURTÁG György, KURTÁG Márta (négykezes)
    I. kötet
    Preludium és valcer C-ben 0:27
    Virág az ember/1b/ 0:19
    Virág az ember/1a/ 0:28
    /a csillag is virág/ 0:20
    Totyogós 0:42
    Unottan 0:48
    Hommage á Bartók 0:17
    II. kötet
    Hommage á Kodály 0:42
    Valcer /Hommage á Sosztakovics/ 0:21
    I. kötet
    Hommage á Csajkovszkij 1:02
    III. kötet
    Felhangjáték 1 (Hommage á Kocsis Zoltán) 0:32
    Hommage á Petrovics 0:17
    Sirató (2) 0:36
    Abbamaradós 0:30
    Hommage á Szervánszky (Csend) 0:34
    I. kötet
    Örökmözgó /Talált tárgy...és mégegyszer virág az ember 1:08
    KOCSIS Zoltán – Pianoforte
    I
    Dühös-korál négykézre 0:39
    Kéz a kézben/Hommage á Sárközy 2:33
    Harangok/Hommage á Stravinsky 1:09
    KURTÁG György és KURTÁG Márta – Pianofort

    Zoltán Kocsis Recital Gyorgy Kurtág à La Roque d'Anthéron 2002

    Eight Piano Pieces Op.3: Prestissimo possible  György Kurtág Piano Zoltán Kocsis. Thanks Playlist


    Double Portrait  KOCSIS Zoltán és RÁNKI Dezső  - Reportage: Bruno Monsaingeon 1976
     

    Jean Sébastien Bach > Duo piano Márta et György Kurtág

    ferenczi györgy Kocsis Zoltan pianiste

    Ferenczi György et Kocsis Zoltan pianistes hongrois.

    + infos

    Kocsis Zoltán connaissances Wikipedia

    Article Musicasola Kurtág ! (je suis un monstre)

    Musicologie Kurtág György

    György Kurtág connaissances Wikipedia

    « Viens, Liberté! Donne pour moi naissance à l’Ordre…»

    L’œuvre Les Jeux est née sous le signe de la liberté. Kurtág s’est essayé avec ce qu’il y a de plus dur : il a écrit des pièces pour piano à but pédagogique qui n’entravent pas l’enfant dans les fers de règles et d’attentes rigides. Elles ne le mettent pas – dès le début de ses études – sous la contrainte menaçante du « on ne peut le faire que comme ça » et ne le soumettent pas d’emblée, dès le premier moment, à la torture de la tâche qui semble impossible à réaliser. A la place, elles l’encouragent à faire ce qu’il essaierait de toute façon si on le laissait seul avec le mystérieux, grand et noir piano. Qu’il fasse courir sa main le long des touches, qu’il s’accoude dessus, qu’il tape dessus du poing ou bien qu’il effleure les touches de manière à ce qu’elles ne résonnent pas. Qu’il appuie sur la pédale de l’instrument, qu’il tape du doigt sur ses côtés et qu’il écoute ses « soupirs ».

    De nombreuses pièces issues des premiers cahiers des Jeux (Faisons des bêtises ensemble, Il est permis de taper à côté, Barbotage, Singeries) poussent le joueur à donner libre cours à sa fantaisie, courageusement, sans entrave. La partition vient au secours de l’imagination et il devient lentement évident que plus on la lit avec attention, plus elle nous fait penser à des choses. Les manières de jouer qui diffèrent du toucher traditionnel préservent la joie du mouvement et, dès le début de l’apprentissage, donnent à l’interprète le sentiment de réussite de la virtuosité triomphante, par exemple à celui qui joue Hommage à Paganini ou bien Perpetuum mobile (Objet trouvé). Kurtág enseigne que sans hauteur de note concrète et sans rythme précis, la musique existe quand même, mais aussi que sans geste, sans la volonté élémentaire de communiquer, il n’y en a pas! Toutefois, avec l’aide des notes, on peut raconter une histoire toute entière (Le Lapin et le Renard), une seule note est même suffisante pour le lancement d’une danse (Prélude et Valse en ut) et trois notes pour dépeindre un combat « sanglant » (Bastonnade-dispute). De même, il n’est pas nécessaire de se passer de ses jeux d’adresse favoris lorsqu’on est face aux touches du clavier (Frappe-main ou le dernier accord de Bastonnade-dispute, où les quatre mains se raccrochent entre elles comme dans un jeu de mains).

    Les petites compositions qui préservent la liberté du pianiste débutant ont également eu un impact libérateur sur le compositeur lui-même : après l’opus magnum « Les discours de Péter Bornemisza », au début des années 70, suite à une période de panne d’inspiration, c’est à nouveau la composition de petites unités musicales, l’instauration d’un ordre entre juste quelques notes qui fut la bonne voie à suivre. Le compositeur se voit lui aussi libéré de la contrainte du « on ne peut le faire que comme ça » : il ne doit pas s’engager uniquement à côté d’un seul et définitif type d’œuvre si au cours du processus de formation d’une idée musicale, plusieurs versions viables naissent. Ces versions (les mouvements de « L’Homme est une Fleur », les chorales et ligatures, etc.) reviennent sans cesse dans cette série.

    Le but pédagogique passe lentement au second plan dans les cahiers suivants des Jeux et laisse la place à un parti pris comme on en trouve dans un journal intime. Les entrées de ce journal intime définissent leur auteur – en utilisant les termes de Bartók – encore plus précisément qu’une biographie. Il organise dans les divers cahiers tous les événements et les souvenirs de sa vie et de son œuvre : le renouvellement et le deuil des amitiés, les messages personnels, les portraits des musiciens prédécesseurs et collègues, l’influence de la musique populaire et du grégorien.

    Pourtant Les Jeux ne sont pas que l’anthologie du langage musicale de Kurtág ou une sorte de guide touristique pour le monde musical du compositeur, mais un organisme vivant qui s’est développé jusqu’à nos jours et forme depuis longtemps l’atelier de composition de Kurtág. Atelier où l’on peut être témoin du parcours cohérent que suit une pensée musical ou encore de l’apparition et du développement d’un geste musical particulier. Il est ainsi naturel que les pièces des Jeux se rattachent par de nombreux liens aux grandes œuvres désignées par un numéro d’opus. C’est sans doute cela qui différencie Les Jeux du Microcosmos de Bartók, qui est d’ailleurs leur plus importante préfiguration. (Les Doubles Cordes renvoient aussi concrètement à Microcosmos : elles continuent là où le mouvement de Bartók qui porte le même nom et son Perpetuum mobile « s’étaient arrêtés ».)

    Il n’y a rien de plus caractéristique d’un homme que la manière dont il joue et dont il travaille. (Pour les plus chanceux, ces deux se recoupent.). Ce n’est pas un hasard si Kurtág, ensemble avec sa femme Márta, jouaient toujours au piano une sélection des Jeux lors de leurs représentations publiques. Dans les programmes arrangés et joués par le couple Kurtág, on ne retrouve pas que des œuvres de Kurtág mais également, le plus souvent, des mouvements de Jean-Sébastien Bach. Les retranscriptions de Bach ne comptent aucunement pour des invités surprise dans ces programmes, au contraire : je ne les ai sans doute jamais entendu aussi belles que dans l’interprétation de Kurtág. La sonatine de l’Actus tragicus est joué au piano droit. Dans ses dernières années, Haydn vieillissant ne pouvait plus supporter que son silencieux clavicorde. En écoutant le son du piano droit du couple Kurtág, il n’est pas difficile de comprendre pourquoi. Le son rayonnant de l’intérieur se transforme en lumière et en chaleur, et la simplicité extrême de l’interprétation, débarassée de tout ajout inutile, nous présente clairement le calme de la beauté qui peut tout détendre. Durant ces deux minutes et demi, notre notion du temps se trouve également libérée de ses entraves habituelles et ce qui a été brisé par la vie de tous les jours se trouve enfin unifié. Il n’y a plus de différence de style entre du Bach précoce et du Kurtág tardif et la petite fille de six ans (Krisztina Takács, Le Lapin et le Renard) peut avoir le même âge que le compositeur de 80 ans. Car le temps passé sous le signe du jeu est du temps passé sous le signe de Dieu : « die allerbeste Zeit ».

    Et « là où est l’esprit de Dieu, est la Liberté ». Zoltán Farkas lire + clique ici

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