• LUIGI GHIRRI

    Luigi Ghirri et Paola-Borgonzoni

     Luigi Ghirri Photo Infini 1974

    « VIAN BORIS, CANTILÈNES EN GELÉEBORIS VIAN CHANSONS »

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  • Commentaires

    1
    Samedi 21 Juillet 2012 à 23:20
    Luigi Ghirri dolce vita
    Même si je ne comprends pas grand chose à la photographie, j’ai toujours pensé que Ghirri était un génie. Je le lui ai dit une fois, en fait, que je pensais qu’il était un génie. Il s’est un peu caché et il a dit « allons donc », mais on voyait qu’il y croyait et qu’il était content, il a fini par dire : « Mais bien des gens ne me comprennent pas. » À cette époque l’idée que quelqu’un ne le comprenne pas me semblait impossible, et quoi qu’il en soit je lui ai dit vraiment ainsi : « Tu es le seul génie que je connaisse. » J’ai commencé à penser qu’il était un génie quand j’ai vu son livre Paysage italien, celui des éditions Electa. Jusqu’alors j’avais pensé que ses photos étaient très belles ; mais en les voyant toutes ensemble dans ce livre, en voyant le montage qu’il avait fait dans ce livre avec sa femme Paola, j’ai compris que derrière ses photos il y avait une très forte, omniprésente, éclatante conception du monde, et que tout ce qu’il faisait répondait à cette conception, qu’il faisait avancer avec une lucidité et avec une cohérence, qui me firent justement venir à l’esprit l’idée du génie, c’est à dire de quelqu’un qui ne se contente pas d’avoir de grandes capacités expressives ou de faire des choses remarquables dans le domaine artistique, mais qui a une idée du monde, qui a une idée radicale et révolutionnaire du monde, et la développe avec une extrême facilité. Et cette conception du monde, à moi qui ne comprends pas grand chose à la photographie, m’a toujours semblé être celle-ci : Ghirri a continuellement frôlé la banalité, il a appliqué la section dorée dans ses photographies, il a toujours risqué que ses photos soient prises pour des cartes postales, et il l’a fait, justement, pour nous montrer ce qu’il y a derrière la carte postale et que la carte postale ne nous montre plus. Je ne sais comment mieux exprimer cette chose : c’est comme si Luigi Ghirri avait voulu nous montrer, toujours, ou au moins disons-nous, après la phase expérimentale de sa photographie, dans l’âge mûr, l’âge d’or de son œuvre, c’est comme s’il avait voulu nous montrer ce que la réalité aurait dû être. Je ne sais s’il y a une idée platonique derrière cela, mais Ghirri m’a toujours fait penser à un homme du Quattrocento, pour ce sentiment d’harmonie, le caractère classique dont il a baigné son œuvre entière, montrant des choses qui ne sont pas classiques, et les faisant devenir classiques : mais au fond, ce caractère classique n’est pas autre chose qu’une manière de voir les choses ; en connaissant un peu mieux sa photographie, l’équilibre qui existe dans ses clichés m’a impressionné et continue de le faire, cette idée du monde qui se fait sans effort, le nombre trois qui est toujours présent dans ses photos, le nombre parfait, le nombre de la section dorée, toutes ses photos peuvent se diviser en trois parties, ou en deux parties, elles ont toujours un centre, ainsi il y a ces nombres magiques : un, deux et trois ; elles sont en apparence statiques et immobiles et composées comme le sont les statues de Phidias et de Praxitèle et les madones de Botticelli et comme l’est tout l’art classique. Ainsi je me suis toujours représenté Ghirri comme un grand alchimiste, comme quelqu’un, au fond, qui montrait le monde comme il aurait dû et comme il aurait pu être, mais c’est là aussi, un peu, l’idée de l’idéalisation classique de la réalité. Qu’ensuite, derrière sa façon de montrer le monde comme il aurait dû être, derrière cette manière d’être classique, il y ait une très forte polémique, une très forte position politique, une protestation très forte contre ce qu’est le monde et ce que nous sommes en train de le faire devenir, c’est là, selon moi, la source de son caractère classique, de ce caractère classique si profondément « italien ». Tel est, je pense, ce qu’il y a derrière cette apparente, stupéfiante « simplicité », cette idée d’un monde simple, qui se crée seul, et qui n’a aucune, aucune possibilité d’être différent. Carlo Bordini, juillet 1992. Traduction Olivier Favier. P.-S. Texte italien publié dans Luigi Ghirri, Vista con camera, Motta, Milan, 1992, a cura di Paola Ghirri ed Ennery Taramelli. Texte français publié dans Poussière / Polvere suivi de La simplicité, collection Bilingues, traduction et présentation d’Olivier Favier, Alidades, Évian, 2008.
    2
    Samedi 10 Août 2013 à 14:23
    Ghirry Photographer
    Beautiful ! Great ! Ghirry
    3
    Lundi 11 Avril à 11:53

    Luigi Ghirri – " The Impossible Landscape "

    Exhibition: 34 photographies en couleurs réalisées entre 1970 et 1989 – February 26 - April 30, 2016. 

    Matthew Marks Gallery 526 W 22nd Street.

    Luigi Ghirri NewYork City Marrhew Marks Gallery

    Matthew Marks is pleased to announce Luigi Ghirri: The Impossible Landscape, the next exhibition in his gallery at 526 West 22nd Street. Featuring thirty-four vintage color photographs made between 1970 and 1989, the exhibition includes landscapes from Italy, where the artist was born and spent most of his life, as well as from Austria and France.


    The exhibition takes its title from his 1989 artist’s statement about the way photographs “become our impossible landscape, without scale, without a geographic order to orient us; a tangle of monuments, lights, thoughts, objects, moments, analogies from our landscape of the mind, which we seek out, even unconsciously, every time we look out a window, into the openness of the outside world, as if they were the points of an imaginary compass that indicates a possible direction.” 

    From the beginning of his career, Ghirri used his camera to render the familiar strange. A 1973–75 photograph from Modena, for example, shows a building facade illuminated by warm sunshine. Only on close inspection does it reveal itself to be a reflection in a puddle. The rich color of this image was unusual for early-1970s art photography, which was still almost exclusively black and white. Ghirri’s pioneering use of color was just one way he grounded his imagery in the visual language of everyday reality.

    Early in his career Ghirri worked as a land surveyor, and later he would use topographic metaphors, like “imprecise cartography” and “sentimental geography,” to describe his art. Much of his work examines this disjunction between the world and its depictions. But his photography is also rooted in a deep fondness for his homeland. Of the Paessagio Italiano (Italian Landscape) photographs, several of which are included in the exhibition, Ghirri wrote, “I have viewed these places with a gaze full of affection and love, in an attempt to perceive a simple and astonished feeling of belonging.”

    Born in 1942, Luigi Ghirri spent his working life in the Emilia-Romagna region of Italy. Although he exhibited extensively during his lifetime, his work did not receive international recognition until after his untimely death in 1992. In 2008, Aperture published the first English-language monograph on Ghirri, and his work was featured at the Venice Biennale in 2011 and 2013. Since 2012 he has had exhibitions at Castello di Rivoli in Turin, the MAXXI Museum in Rome, and the Douglas Hyde Gallery in Dublin. A major European touring retrospective is scheduled to open in 2018. 

    Luigi Ghirri: The Impossible Landscape is on view at 526 West 22nd Street from February 26 to April 30, 2016, Tuesday through Saturday, from 10:00 AM to 6:00 PM.

    For additional information, please contact Jacqueline Tran at 
    212-243-0200 or jacqueline@matthewmarks.com.

     

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