• SUJET WALID RAAD

    Index XXVI , Tahhan Wall, 2011 - Artist, Walid Raad,  Photo Guy Mannes-Abbott, Point-to-point

    Né au Liban, à Chbanieh en 1967, de mère palestinienne et de père libanais, Walid Raad vit à Beyrouth et New York où il enseigne actuellement à la School of art Cooper Union. Son travail de vidéaste est une réflexion sur l’image possible de la réalité d’un pays en guerre. Depuis dix ans, il participe au projet The Atlas Group. Artiste plasticien travaillant particulièrement avec les médias et les nouvelles technologies, il a notamment réalisé Up to the South en 1993 et Missing Lebanese Wars en 1996 ou The dead Weight of a Quarrel Hangs (1996-1999).
    "The Atlas Group Project " exposition à la National galerie im Hamburger Bahnhof  à Berlin, (22 Sept 2006 – 7 Jan 2007). Ses performances et installations sont présentées sur les grandes scènes mondiales, comme la "Scratching on Things I Could Disavow", dOCUMENTA (13) de Kassel, Germande Kassel, Part II, où encore la Biennale de Venise. Walid Raad expose à la Paula Cooper Gallery de New York, USA, et à la Galerie Sfeir-Semler, Beyrouth de Lebanon,.

    Outer Compartments, détail, Walid, Raad Voir + click Here © W.R. point-to-point

    LE FUTUR ANTÉRIEUR : UNE PERSPECTIVE (AU SUJET DE WALID RAAD)

    Pour la première fois, j’ai visité une exposition avec un audioguide. C’était à l’occasion de Scratching on things I clik Here could Disavow: A history of art in the Arab world, conçue par Walid Raad au 104 à Paris, dans le cadre du Festival d’Automne 20101.

    Dans un premier temps, j’avais décliné la proposition du personnel d’accueil et m’étais retrouvé confronté, dans un espace sombre, à quatre situations esthétiques successives. Celles-ci étaient constituées, pour la première, d’une combinaison cartographique de réseaux artistiques, institutionnels et fi nanciers d’infl uence (Artist Pension Trust, Mutualart.com, nouveaux musées dans les Émirats...), pour la deuxième, d’un volume traité en plan reconstituant un espace muséal vidé de ses surfaces d’exposition et d’une projection en 3D, suspendue dans l’espace des murs vides d’un white cube, pour la troisième, de la maquette d’une galerie à l’intérieur de laquelle étaient collées des reproductions miniatures d’œuvres, et pour la quatrième, d’une cimaise arrachée avec, sur son recto, des vieilles coupures de presse relatives à un artiste libanais et une ligne d’écriture en arabe et, sur son verso, des échantillons monochromes issus de publications libanaises passées. Le tout semblait répondre à une organisation dramaturgique dont je n’avais pas les clefs, composée d’œuvres énigmatiques, d’apparence allégorique et dont la signifi cation précise m’échappait. Une dimension mélancolique dominait, entre le trop-plein des réseaux superposés, le vide des cimaises, la miniaturisation des œuvres et les ruines d’un passé récent, mais me manquaient des éléments d’articulation entre ces fragments pour saisir une possible signifi cation globale et précise.

    Loin de satisfaire cette attente, l’écoute de l’audioguide amena d’autres niveaux de complexité dans l’approche des œuvres et du dispositif d’exposition. Des histoires, dites en français par l’acteur libanais Carlos Chahine, ressortissant au genre du conte — bien que le je narrateur soit, pour deux histoires, iden-
    tifi é à Walid Raad, instillant préalablement l’idée, vite anéantie, d’une histoire vécue —, jouaient subtilement des registres et des conventions de la littérature paranoïaque. Face aux représentations d’espaces muséaux vides, le récit qui me fut conté évoquait la crise panique vécue par un visiteur, pris d’une soudaine conscience de “l’aplatissement du monde” lors de l’inauguration du premier musée d’art moderne et contemporain dans un pays arabe : “Ne rentrez pas ! Il n’y a qu’un mur !” s’écria-t-il à l’adresse de la foule qui attendait, avant d’être arrêté pour démence. Quant à la maquette, elle devint le support visuel du récit fantastique et traumatisant de la réduction au 1/100ème de leur taille originelle des œuvres de Walid Raad trauma fi ctionné qu’il aurait vécu lors de sa première exposition à la galerie Sfeiremler à Beyrouth en 2005. Face aux coupures de presse et aux écritures en arabe de la cimaise arrachée, le conteur rapportait que l’artiste y avait inscrit les noms de peintres libanais du passé moderniste récent sous la dictée télépathique des
    artistes libanais du futur, et qu’un critique d’art courroucé avait corrigé la faute d’orthographe affectant le nom d’un de ces artistes oubliés. Enfi n, au verso de cette cimaise, les échantillons imprimés de couleurs devenaient les documents témoins de couleurs “affectées” par les destructions guerrières, des rappels fragmentaires d’une tradition chromatique détruite2.

    Ces récits, que Chahine réitérait lors des performances live dans l’exposition et auxquels s’ajoutaient alors, et en premier lieu, celui de la découverte d’une nébuleuse de dispositifs fi nanciers destinés aux artistes et aux spéculateurs (le fonds de pension APT et le site Mutualart.com) — le seul récit vrai de bout en bout3, sont donc partie intégrante de l’exposition comme œuvre allégorique. Outre la perpétuation des questionnements de Raad en matière de sauvetage du désastre de rémanences d’un passé récent (noms, couleurs, documents...), qui caractérisaient son projet Atlas Group de 1989 à 20044, Scratching things... confronte ses visiteurs-auditeurs à des problématiques nouvelles et pesantes, en termes idéologiques et esthétiques, touchant à l’actualité et au devenir de l’art dans les pays arabes à l’heure où se montent des projets muséaux de vaste envergure dans les Émirats et où les artistes de ces pays se trouvent intégrés et sollicités dans et par les réseaux de l’art global (il existe un fonds APT basé à Dubaï). Enfi n, ce nouveau projet témoigne peut-être d’une évolution de la démarche de Raad, d’un art historien de l’art et critique d’art vers la peinture, vers le dessin. Du moins c’est ce que les échantillons de couleurs, de graphes et de formes laissaient envisager à la fi n de l’exposition, et ce que Walid Raad me confi a lorsqu’il évoqua, face à son dia- gramme cartographique des réseaux artistiques, institutionnels et fi nanciers d’infl uence, son désir de dessin. Il est à parier que son approche historique et critique de l’art et de l’histoire au Liban et dans les pays arabes nourrira ce projet. Tristan Trémeau lire la suite sur L'ART MEME NUMÉRO 51

    Walid Raad dOCUMENTA (13) VIDEO DOCUMENT

    Miraculous Beginnings - Whitechapel Gallery - Walid Raad, 2010 + An interview with Rachel Mapplebeck click Here, lecture by Walid Raad at Home Works III, Beyrouth 2005 Click here

    + d'infos

    Tristan Trémeau

    Paula Cooper Gallery New York

    Galerie Sfeir-Semler, Beyrouth de Lebanon

    WALID_RAAD_BIOGRAPHIE_.PDF

    Gulflabor org

    ART_MEME_51.pdf

    © studio point to point XXI

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    1
    Vendredi 18 Janvier 2013 à 18:01
    Walid Raad
    lid Raad et l’aggiornamento de l’Islam L’ouverture récente du département des arts de l’Islam au Louvre a mis en lumière un riche patrimoine. Mais il manque, par définition, d’une perspective sur l’art actuel qui sort des limites chronologiques du musée. Walid Raad -né en 1967 au Liban, installé à New York-s’en charge par le biais d’une installation dans la salle de la Maquette et d’une sélection d’images tirées du fonds photographique du Louvre. La question centrale, soulevée au moyen d’une synthèse de textes, vidéos, d’un jeu de changements d’échelle et d’hybridations, est celui d’une sorte de malédiction-guerres, conflits religieux et violence endémique empêchent l’Islam du XXIe siècle de s’approprier son héritage artistique et culturel. Cette commande fait partie d’un projet de longue haleine puisqu’il est prévu en trois volets sur trois ans, confirmant l’intérêt récent du Louvre pour la création contemporaine. Walid Raad, préface à la première édition au musée du Louvre, du 19 janvier au 8 avril 2013.
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