• PATRICK SAYTOUR ]FÉLIX[ CHEZ IN_EXTENSO CLERMONT-FERRAND.

    Dans le cadre de son travail autour de l’idée d’échange et de partenariat, In extenso donne carte blanche à la Galerie Philippe Pannetier. Située à Nîmes, elle défend les travaux de jeunes artistes comme Mickael Viala ou Thomas Bernardet mais aussi des artistes reconnus comme c’est le cas de Patrick Saytour.

    VUE ATELEIER DE PATRICK SAYTOUR

     

    La Galerie Philippe Pannetier et In_extenso présentent 

    " Félix "
    Une exposition de PATRICK SAYTOUR


    Du 29 octobre au 27 novembre 2009

    Exposition visible du lundi au vendredi de 11h à 18h et sur rendez-vous

    Au sein du groupe Supports/Surfaces, Patrick Saytour a toujours occupé, délibérément, une position marginale, critique, voire ironique. Son travail peut se définir comme une entreprise de déconstruction de la forme, de la couleur, du format, du cadre de présentation, pour reprendre les termes même de l’une de ses déclarations. Il se livrait alors à une sorte de parodie théâtralisée de l’art, mise en scène dans un vocabulaire pauvre et à l’aide d’une technologie primaire : pliages et dépliages systématiques, brûlages, trempages, solarisations, etc.

    Les matériaux utilisés étaient et sont toujours choisis parmi les plus vulgaires ou les plus « kitsch » : tissus et fourrures plastiques, synthétiques, que l’on trouve en abondance sur les marchés que fréquentent les travailleurs immigrés. À la fin des années 70, alors que se manifestait un retour à la figuration portant la peinture à renouer avec les mythes, le drame et la tragédie, il propose des assemblages d’objets de bazar : lampes, drapeaux, photos de pin-up, tapisseries décoratives décorées de caravelles, de biches dans des sous-bois, de princesses, de fantasias arabes, etc.

    Plus récemment, cette posture parodique a donné lieu sous des intitulés pompeux, Anniversaires, Célébrations, Chroniques, Commémorations, Couronnements, Javas, Noces, Noubas, Monuments, etc., à des oeuvres subtiles, dont le dessein de déconstruction et d’accablement de l’art est joué dans les mises en page, d’une grande beauté formelle, de panoplies de costumes de fêtes pour enfants, de chemisettes en toile grossière, de vêtements de poupées, de bandes de carton, de feutre, de caissettes de bois, de maquettes de théatre, de gabarits et patrons de vêtements, de cartes géographiques, etc. Viennent ensuite des assemblages d’objets qui mettent en scène, monumentalisés à l’excès, des objets à la fois décoratifs et utilitaires dont une lampe métallique sortie du rêve paroxystique d’un bricoleur mégalomaniaque.

    Mais comme celles de Claes Oldenburg, ces « sculptures » ne s’en imposent pas moins comme des oeuvres raffinées d’où émane une étrange séduction. Nous ressentons la même atirance en face de ces filets montés sur des cerceaux métalliques, où s’accrochent des fruits en plastique, des flotteurs de filets de pêche, des perles, des plumes, un atirail de décor festif dont l’artifice est exalté par une cosmétique du banal, le « pomponnage », plutôt, pour citer précisément Patrick Saytour, de l’oeuvre d’art. Un pomponnage jubilatoire, arrangé avec un zèle d’étalagiste.

     

     

    À propos de l'exposition.

    Ceci n’est pas une exposition

    Parce que Felix a des oreilles en pointe, Patrick Saytour l’a préféré à Mickey dont la rondeur des siennes ne pouvaitpas servir de bon « motif » à une peinture « abstraite irrécupérable[1] ». Ce que démentirait peut-être un Claude Viallat, compagnon de route au sein du fulgurant Supports surfaces[2] (il en fallut beaucoup moins pour qu’un Mondrian se fâche définitivement avec Theo van Doesburg qui eu l’audace d’utiliser la diagonale). Trêve d’histoires passés, la peinture de Patrick Saytour ne peut tout d’abord pas être qualifiée d’abstraite et puis certainement pas non plus de réaliste, elle n’est pas actuelle ni même « moderne ». La peinture de Patrick Saytour se suffit à elle-même, au sens épicurien du terme : "C'est un grand bien, à notre sens, de savoir se suffire à soi même, non pas qu'il faille toujours vivre de peu, mais afin que, si nous ne possédons pas beaucoup, nous sachions nous contenter de peu, bien convaincus que ceux qui jouissent le plus de l’opulence en ont le moins besoin."[3]. La série intitulée Felix n’échappe pas à la règle ou plutôt aux revendications de l’artiste : ne pas se figer, ne pas imposer un style, ne pas prendre une posture, pouvoir travailler librement. Ni abstraites, ni réalistes, malgré l’archétype utilisé[4], ces peintures se situent dans l’interstice des deux, ou plutôt dans le pli, là ou les choses se recouvrent et se découvrent. Les images proposées par quatre comme pliées ont été peintes séparément sans soucis de reconstituer la figure de Félix. Une fois recomposé, le tableau garde comme une mémoire formelle de cette figure, ce qui importe peu finalement, car l’important est plutôt le cheminement. L’impression d’aboutissement n’étant que l’illusion offerte par l’exposition, le travail de Patrick Saytour n’est jamais terminé, ceci n’est pas une exposition…

     
    Martial Déflacieux

     

    [1] Inès Champey in Patrick Saytour, Musée de l’objet, 2000 [2] Support surface une des dernières avant-gardes française si ce n’est la dernière, créé en 1968, elle durera 10 mois en quatre expositions. Support surface fut composé de Vincent Bioulès, Louis Cane, Marc Devade, Daniel Dezeuze, Noël Dolla, Jean-Pierre Pincemin, Patrick Saytour, André Valensi et Claude Viallat [3] Epicure, Lettre à Ménécéé [4] Felix le chat personnage créé dans les années 20 et supplanté par l’arrivée de Mickey Mouse en 1928

     

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