• SÉMINAIRE ART À L'ENSBA DE NÎMES < Je /ux/ d'Exposition > LE 8 DÉCEMBRE 2009.

    Séminaire organisé par l’École Supérieure des Beaux-Arts de Nîmes

    Je ♣ux♣ d'Exposition

     

    PRÉSENTATION DE LA JOURNÉE DU 08 DÉCEMBRE 2009 À L'HÔTEL RIVET DE NÎMES.

    Qu’il s’agisse de performance, de film de fiction, de photographie ou de vidéo, la mise en scène de l’artiste ou de l’auteur par lui-même constitue aujourd’hui une attitude des plus fréquentes. Autoportraits travestis, incarnation performative de personnages réels ou fictifs en constituent quelques manifestations. Car le fait de s’exposer s’accompagne bien souvent d’un jeu avec le Je. Se représenter comme personnage, prendre un autre artiste comme référent ou en devenir le curateur déplace également la question de l’exposition. Ces dédoublements de l’auteur en acteur, en sujet ou en commissaire engendrent autant de questions sur le statut et sur la figure de l’artiste. Entre réalité et fiction, ces pratiques interrogent notamment les notions d’identité et d’authenticité. Entre auto dérision et narcissisme apparent, de quels enjeux ces oeuvres récentes sont-elles le révélateur ?

    Natacha Pugnet, organisatrice du séminaire.

    Intervenants

    Edouard Boyer, artiste
    Fabien Faure, critique et historien d’art
    Simone Menegoi, commissaire d’exposition
    Caroline Renard, chercheuse en cinéma
    Nathalie Talec, artiste


    PROGRAMME

    10h15 : Présentation de ,, modératrice.

    10h30 : Caroline Renard, histoire et esthétique du cinéma, Université de Provence. Le je espiègle d’Abbas Kiarostami

    Auteur malicieux, à la fois manipulateur et espiègle, Abbas Kiarostami apparaît parfois en personne dans ses films. Lorsqu’il le fait, c’est toujours dans le même rôle : celui du personnage qui met en place un dispositif pour ensuite le remettre en question et le détruire. Ce geste contradictoire fait de Kiarostami, cinéaste et personnage de cinéma, une figure ambiguë. Quelle est la part de jeu et de malice dans cette action du cinéaste qui manipule son matériau, dirige le spectateur, sait qu’il manipule et le fait savoir ? S’agit-il d’une vraie volonté de puissance ou d’un geste de déconstruction analytique de ses productions ? Il s’agira ici d’envisager cette espièglerie comme la trace d’une inquiétude mélancolique qui donne son sens le plus profond à l’œuvre.

    11h30 : Édouard Boyer, artiste, enseigne à l’école des Beaux-Arts de Mulhouse. Extraits

    Projet après projet, Edouard Boyer excède sa propre présence.
    Sa BIO-GRAPHIE est commandée par une foule, MISSING développe un programme de portraits après une disparition fictive, NICOLAS CARRE est une série d’apparitions dans la presse sous une identité d’emprunt et BERLIIN enrôle sa vie dans une communauté furtive.
    De surcroît, les expositions elles aussi, excèdent leur propre cadre.
    BERLIIN à Berlin, L’horizon des événements à Lyon et MISSING à Juvisy/Orge sont trois expositions récentes qui se déploient avant ou après les dates annoncées, mais surtout ailleurs.
    L’espace de l’exposition excède largement le lieu dit « de l’exposition » comme le récit des présences excède la personne.

    12h30 : Pause déjeuner

    14h30: Simone Menegoi, critique et commissaire d’exposition indépendant. Double jeu : l’artiste comme commissaire

    La conférence portera sur l’un des aspects majeurs de l’art des années 2000 : les expositions montées par des artistes. De Mike Kelley, qui organisa la fructueuse exposition itinérante The Uncanny (2004), à Maurizio Cattelan, qui fut – en collaboration avec Ali Subotnik et Massimiliano Gioni – le commissaire de la Biennale de Berlin en 2006, jusqu’aux invités des Carte blanche au Palais de Tokyo, de nombreux artistes se sont attelés au commissariat, souvent avec des résultats remarquables. L’intervention présentera une vue d’ensemble de cette tendance, en abordant ses précédents historiques et en montrant la diversité des approches artistiques du commissariat, jusqu’à ses développements les plus récents – les pratiques des Anglais Goshka Macuga et Jeremy Deller, dont le travail repose sur l’appropriation et la présentation des œuvres d’autres artistes.

    15h15 : Fabien Faure, critique et historien de l’art contemporain, Université de Provence. Un coyote et ses petits

    Durant trois jours, en mai 1974, Joseph Beuys fait l’expérience d’une cohabitation pacifique mais agitée avec Little John, un jeune coyote texan qui partage avec lui l’espace de la galerie René Block de New York. À l’image archi-connue du chaman qu’on dit capable de renouer avec notre animalité réprimée, s’ajoutent d’autres figures moins assurées et moins attendues, où semble se rejouer la « relève des dieux par les pitres » qu’évoque Jean Starobinski. Abandonnant le registre messianique pour contempler sa propre silhouette que parachève un chapeau désormais avachi, Beuys ne reconnaît-il pas à juste titre « une authentique figure de cirque » ?
    En 1997, Oleg Kulik détourne l’action Coyote – I Like America and America Likes Me. Au chaman, il substitue la figure tragi-comique et violente de l’homme-chien. Entre citation ironique et réactivation distanciée, trois autres artistes ont également renoué avec la très célèbre performance de Beuys. Enroulé dans une couverture grise, Stéphane Bérard sympathise une nuit printanière avec un renard facétieux ; après plusieurs mois d’approche prudente, Édouard Boyer parvient à se faire l’ami d’un chien de garde tandis que Pilar Albarracin invite une authentique louve à prendre part à son pique-nique. Point de vécu “mythologisé” dans ces réalisations, en lesquelles se dessinent en revanche d’autres figures d’artistes, qu’accompagnent et révèlent de nouveaux compagnons de je(ux).

    16h : Pause

    16h15: Nathalie Talec, artiste, enseigne à l’école des Beaux-Arts de Tours. Celui qui voit les yeux fermés

    Cette conférence / performance réunira des lectures, des paroles, des musiques, des actes, du play-back et des images.
    « Nous n’avons pas d’art, nous faisons tout le mieux possible » - Proverbe balinais.

    Une ligne téléphonique occupée, des cris, des crissements de pneus, des détonations et cette respiration. Voilà pour l’ambiance de départ, entre la réalité et la fiction il y a la narration, faite de silence et de bruit. Nathalie Talec nous invite dans son univers musical dont le label “ Solo Intégral ” en est la meilleure définition. Il s’agit en alpinisme d’une escalade solitaire sans assurance et en musique de cette interprétation solitaire, qui n’existe que dans le silence ou la pause du groupe. Chaque performance de Nathalie Talec est un solo intégral. Pour l’artiste, la chanson est « une manière d’exprimer mon amour de l’art et des mots qui en écrivent l’histoire ou qui en décrivent les formes ». Ainsi le discours se fait acte d’interprétation et d’adaptation. Et comme dans un opéra, Nathalie Talec se fait diva et exténue les paroles jusqu’à les incarner. Alors face à nous s’expose une nouvelle écoute de l’œuvre. Glissement de l’art majeur à l’art mineur, les œuvres ne sont plus que sensations physiques.

    Ghislain Lauverjat, « Nathalie Talec, l’art comme expérience, “ solo intégral (c)” », 2007.

    Modératrice Natacha Pugnet.

     

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    Edouard Boyer Fabien Faure Simone Menegoi Caroline Renard Nathalie Talec Natacha Pugnet

    Studio point to point.

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